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À la rencontre de pêcheurs normands et bretons, à 3 mois du Brexit

Les 25, 26 et 27 septembre, je me suis déplacée dans plusieurs ports de Bretagne et de Normandie pour échanger avec des pêcheurs, armateurs et leurs représentants pour mieux comprendre les problématiques auxquelles ils font face, ainsi que leurs inquiétudes à quelques mois du Brexit.

À Saint Guénolé (Finistère), j’ai échangé avec Nicolas C., ligneur, qui m’a notamment fait part de ses difficultés liées à la gestion du poisson bar, différentes au Nord et au Sud du 48è parallèle. L’absence de période de repos biologique dans la zone sud, ou encore le fait que les plus gros navires épuisent le quota avant décembre, période où la vente du bar est pourtant la plus rentable. Nous avons aussi discuté de la question du thon rouge et de l’impact de la crise de la Covid-19.

Caroline Roose à Saint Géunolé

À Quimper, j’ai rencontré Soazig Le Gall, à la tête de l’Armement Bigouden, un armement d’une quinzaine de navires de 24 mètres, basé au Guilvinec, et présidente de l’organisation de producteurs Pêcheurs de Bretagne.

À Saint Quay Portrieux (Côtes D’Armor), je suis passée à l’improviste et j’ai échangé avec un pêcheur qui vendait sa pêche sur le quai. Il pêche avec un chalutier de fond de 11,9m dans la baie de Saint-Brieuc. Même s’il ne pêche jamais dans les eaux britanniques, il m’a fait part de sa crainte de voir les plus gros navires qui, eux, pêchent dans les eaux britanniques, se rabattre vers des zones de pêches plus près des côtes françaises.

À Granville, j’ai retrouvé Guillaume, armateur-pêcheur dans la baie du Mont-Saint-Michel. Depuis quelques années, il observe notamment une prolifération d’araignées de mer, liée selon lui à l’augmentation de la température de l’eau et l’absence de « coup de froid » pendant l’hiver. Il m’a aussi parlé des relations parfois difficiles avec l’administration, de l’incohérence de certaines règles, du manque de représentation des petits pêcheurs, qui ne peuvent souvent pas assister aux réunions des comités comme ils sont en mer. À quelques jours de l’ouverture de la saison de pêche de la coquille Saint-Jacques, il m’a aussi fait part du succès des politiques de réensemencements qui permettent aujourd’hui que les coquilles soient nombreuses. Il devient même difficile de vendre les coquilles à un bon prix, ce qui doit nous inviter à prendre en compte des critères socio-économiques dans la définition des quotas.

À Cherbourg, Guy et Valérie M. m’ont accueillie pour échanger sur la pêche dans la région. Ils ont deux bateaux de 10m et pêchent surtout la Coquille Saint-Jacques et les crustacés. Une grande partie de leur pêche est vendue directement dans une boutique qu’ils ont ouverte. Eux non plus ne pêchent pas dans les eaux britanniques mais craignent que de nombreux navires, privés d’accès ou de quota dans les eaux britanniques se rabattent près des côtes françaises, là où pêchent les petits métiers. Plus généralement, leur principal souci est maintenant de permettre à leur fils de se lancer comme pêcheur, avec un bateau en bon état et avec un quota suffisant.

À Cherbourg, j’ai rencontré Marc Delahaye, directeur du Comité des Pêches de Normandie qui m’a partagé son point de vue sur la structure du secteur de la pêche en Normandie et sur les sujets chauds du moment. En plus de Brexit, nous avons parlé de la question de l’éolien offshore, dans une région où trois parcs sont prévus. Alors que l’un d’entre eux soulève une opposition franche des pêcheurs, les deux autres sont relativement bien accueillis. C’est la preuve qu’il est possible de concilier le développement des énergies renouvelables en mer avec le secteur de la pêche, à condition que les concertations soient menées et que les emplacements soient décidés en lien avec les pêcheurs.

Rejointe par Caroline Amiel, conseillère régionale EELV en Normandie et Sophie Börner, conseillère municipale à Ouistreham, j’ai enfin échangé avec Philippe C., fileyeur le long de la Côte de Nacre et de la Côte Fleurie. Nous avons parlé de nombreux sujets, à commencer par celui des quotas, injustement répartis. Face au non-respect par certains chalutiers de zones protégées, comme des nurseries, nous avons évoqué la réforme du règlement européen sur le contrôle des pêches et l’importance de la transmission en temps réel de la position des bateaux.

Philippe écoule l’essentiel de sa pêche via des circuits courts, notamment via l’organisation Poiscaille. Cela lui permet de mieux valoriser le produit de sa pêche mais l’a aussi amené à créer de l’emploi en embauchant un marin supplémentaire pour préparer le poisson. Nous avons aussi échangé sur le sujet de pollution plastique dans la mer et sur le manque de représentation de la petite pêche.

Ces rencontres m’ont permis de mieux cerner les problématiques rencontrées par le secteur de la pêche dans ces régions, différentes de celle de la Méditerranée par certains aspects, mais tristement semblables par beaucoup d’autres.

Si vous êtes pêcheur-se et voulez me faire part de votre expérience et de votre point de vue, n’hésitez pas à me contacter par email à caroline.roose@europarl.europa.eu

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